Lorsque le Bourgmestre de Durbuy parle de populisme


Nous l’avons entendu durant tout le mois de novembre.
Devant les monuments aux morts, dans les réceptions communales, à Grandhan, à la fête de la dynastie, le Bourgmestre de Durbuy aime parler du populisme et des guerres qu’il a engendré.

Nous l’avons entendu. Certes !
Selon le dico Larousse, le populisme, c’est ceci : “idéologie et mouvement politique (en russe narodnitchestvo) qui se sont développés dans la Russie des années 1870, préconisant une voie spécifique vers le socialisme.(ou)
Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes.”

Le populisme serait donc l’apanage de la gauche. Le PTB par exemple pourrait correspondre à la définition de “Madame Larousse “.
Pourtant, Berlusconi, Trump ou Jair Bolsonaro sont plutôt des gens de droite pour ne pas dire plus.

Le populisme “moderne”, est-ce plutôt la NVA en Flandre ou le PTB en Wallonie ?

Les populistes de droite ou de gauche montent lorsqu’il y a 3 événements convergents.

  1. Les problèmes économiques, supposés ou réels, et l’appauvrissement des classes moyennes. (au sens large du terme)
  2. Le système politique cesse de pouvoir résoudre les problèmes (sécurité, chômage, éducation, logement) et perd sa légitimité auprès des citoyens ordinaires.
  3. Une menace étrangère ou intérieure (Europe, migration, religion, changements climatiques) pousse les gens à chercher refuge chez un homme fort.

Les populistes vont, suivant leurs idéologies, triturer tout cela.

À droite, on développera les égoïsmes, la lutte contre les profiteurs (chômeurs) ou contre les immigrés (surtout, s’ils sont musulmans, religion différente) .
On mettra en avant les valeurs liées à la possession, le travail, le talent, le labeur journalier, la famille, les enfants, la religion
Les riches seront des modèles.
Un jour, je serai riche, fort et heureux !
On mettra en doute la probité des autres politiciens (mais pas de ses amis). On mettra en avant la corruption larvée des administrations (mais pas des siennes).
On remettra de l’ordre chez les journalistes et dans la presse, trop à gauche.
Si rien ne va, c’est à cause des syndicats…

À gauche, c’est un peu différent, mais à terme pas mieux.
Les populistes de gauche surfent sur le sentiment que les gens ordinaires se font avoir et que le gouvernement est entre les mains des élites.
Ils s’appuient sur les vagues de mouvements sociaux progressistes. (le mot est mal employé, mais je n’en ai pas trouvé d’autres.)
Le travail est mal rétribué, les riches ne paient pas assez d’impôts, les “bourses et les banques” ont trop de pouvoir. etc.

Dans leur démarche commune, à droite comme à gauche, la référence, c’est le peuple.
La référence ce n’est pas la démocratie, la séparations des pouvoirs, mais l’élection: nous sommes élus, nous représentons la population et nous dirigeons.
Peu importe la manière, avec ou sans respect de l’esprit démocratique.
Si je parle du populisme aujourd’hui, c’est parce que dans chaque parti, dans chaque tendance, il y a des populistes.

Notre populisme est attaché à un système, celui du libéralisme/capitalisme
Il évolue avec lui.
Il manque une dimension, c’est la dimension environnementale.

Je me pose la question de savoir si le simple fait d’évacuer l’environnement ne donne pas un parfum de populistes aux acteurs politiques en place ?
Tout de même…
Changeons !

B Adam

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