Si vous avez un petit coup de blues climatique, voici un texte tout fait à envoyer aux entités fédérées et au fédéral. Merci, à la coalition air-climat!


A partager sans aucune modération!

Pour répondre à l’enquête air-climat lancée par le fédéral, vous avez deux solutions.
Soit vous allez sur le site http://www.plannationalenergieclimat.be/, vous répondez aux questions  et vous ajoutez le texte ci-dessous en fin de questionnaire
Soit vous ouvrez votre boîte mail, nouveau message, sujet: plan air climat 
Destinataires: energieklimaatplan@vlaanderen.be;pnec-nekp2030@environnement.brussels;energy2030.dgo4@spw.wallonie.be;fekp@enquete.belgium.be
Vous pouvez ajouter vos noms et qualités en fin de texte mais ce n’est pas obligatoire

Hop ! Objectif 500.000 personnes ? Pourquoi pas !

1. Remarques générales

  • Augmenter l’ambition: Pour être cohérent avec l’Accord de Paris, le PNEC et toutes ses composantes doivent être mises en ligne avec l’objectif européen de réduction de GES de minimum –55% pour 2030 (par rapport à 1990) et la décarbonation bien avant 2050. L’augmentation de température découlant d’une ambition trop faible aura des conséquences importantes pour nos sociétés, particulìerement pour les populations du Sud situées dans des zones climatiquement vulnérables, entraînant une atteinte aux droits humains et une menace pour l’accomplissement des Objectifs de Développement Durable. De plus, le PNEC doit viser une réduction accrue de la consommation d’énergie et l’atteinte de 100% d’énergie renouvelable d’ici 2050. Ce rehaussement de l’ambition et le renforcement des politiques climatiques qui y est lié doit impérativement respecter le principe de justice sociale et opérer une transition juste, qui bénéficie aux plus précarisés. La décarbonation doit essentiellement avoir lieu au niveau domestique, comme demandé par l’ensemble des parlementaires belges, avec un recours minimal, voir nul, au transfert et compensation d’émissions dans des pays tiers et à gouvernance fragile. C’est d’ailleurs ce qui est envisagé par certains Etats tels que le Royaume-Uni qui exclut les compensations d’émissions en dehors des frontières européennes.
  • Entériner une vision politique à court et long terme qui soit commune et intégrée: le PNEC actuel est une compilation de plans fédéral et régionaux, sans lien les uns avec les autres, sans synergie ni vision commune à long terme. Ce manque de coordination et de concertation se traduit notamment par des incohérences et des redites au sein et entre les plans. Parallèlement, la Belgique manque actuellement d’une vision à long terme claire pour 2050. Il est essentiel que des mesures qui auront un impact pour 2050 soient d’ores et déjà mises en place. Or, le PNEC 2030 actuel reste muet sur la stratégie et la mise en œuvre concrète d’une stratégie à long terme.
  • Adopter une vision systémique commune : parvenir à une société décarbonée, durable et socialement juste requiert des changements transformationnels de notre économie et de nos modes de vies, qui ne se retrouvent pas dans le PNEC actuel. Ce document est une compilation de mesures individuelles et conçues « en silo », s’inscrivant dans le prolongement ou des politiques existantes, qui ne contient pas de réflexion stratégique à moyen ou long terme sur la manière de transformer notre économie, nos emplois, notre mobilité, notre tissu urbain ou la manière d’utiliser notre territoire (pas de vision holistique ni de mesures de ruptures par rapport au modèle existant).
  • Prendre des mesures concrètes, planifiées dans le temps et budgétisées. D’une part, il est primordial d’abandonner sans délai les politiques qui aggravent la crise climatique, notamment celles qui prolongent la dépendance structurelle aux énergies fossiles et la surconsommation. D’autre part, le développement des bonnes pratiques et des solutions durables doit être stimulé. Actuellement, la priorisation, la planification temporelle et la quantification des différentes mesures est dramatiquement lacunaire. Ceci ne permet ni d’évaluer le plan au préalable, ni sa réalisation a posteriori.
  • Mettre en place un mécanisme d’évaluation et de révision régulier du PNEC et de ses composantes, pour suivre la mise en place des mesures prévues et l’effet de celles-ci, en lien avec les objectifs poursuivis. Ce mécanisme devra permettre de corriger et renforcer les mesures si nécessaire. Il doit par ailleurs être conçu en concordance avec le mécanisme de révision de l’ambition prévu par l’Accord de Paris, et permettre si nécessaire de revoir les objectifs à la hausse.
  • Mettre la transition juste au coeur des politiques climatiques. La transition vers une société décarbonée mènera à de profonds changements sociétaux. Certains secteurs économiques vont diminuer en taille, d’autres vont se développer. Cela ne doit pas geler l’action car le bilan sera positif. Cependant, des réorientations et des formations nouvelles seront nécessaires rapidement pour ces emplois de demain. Il est essentiel d’accompagner l’ensemble des citoyen.ne.s qui seront touchés par la transition. Un véritable soutien public est nécessaire pour créer un climat de confiance pour une société neutre en carbone. La prise en compte des enjeux sociaux et économiques doit faire partie intégrante de la politique climatique. Cela implique que la Belgique prenne en compte l’impact de sa politique climat sur les citoyen.ne.s. La concertation sociale doit être renforcée et les organisations syndicales doivent participer à l’élaboration des politiques climatiques.
  • Mettre en œuvre une politique climatique équitable qui soit compatible avec les objectifs de développement durable, qui ait un impact positif à l’échelle mondiale et qui soit conforme aux engagements internationaux en matière de droits humains et de justice de genre. Ceci devrait être fait à quatre niveaux :
    • Faire mention spécifique au préambule de l’Accord de Paris, et notamment la référence aux droits humains, et aux Objectifs de Développement Durable dans la partie introductive du Plan ;
    • Inclure la dimension « transition juste », y compris la dimension nord-sud, dans la section 5 « évaluation de l’impact des mesures et politiques envisagées » tel qu’établi dans le modèle indiqué par l’Union Européenne dans l’Annexe I du Règlement sur la gouvernance.
    • Inclure une annexe comparative des mesures du Plan Climat vis-à-vis les Objectifs de Développement Durable, y compris les conséquences au niveau international. Voir à ce propos le modèle utilisé dans le Plan Energie Climat de l’Espagne (annexe E). Adapter les politiques et mesures concrètes aux résultats de l’évaluation.

 

2.  Remarques concernant les mesures

Mesures transversales

  • A l’instar du Parlement wallon, introduire un test climatique, qui évalue l’impact de chaque décision politique pertinente au regard des objectifs climatiques nationaux et internationaux.
  • Renforcer les capacités de toutes les administrations impliquées dans la mise en œuvre des politiques climatiques, dont les missions n’ont fait que s’étendre et qui, pour certaines, sont en sous-effectifs.
  • Mettre en place au niveau belge une contribution carbone socialement juste, selon le principe du pollueur-payeur, pour décourager l’usage des énergies carbonées. Ceci nécessite le maintien, voire le renforcement d’une sécurité sociale efficace, pour prévenir et réduire les situations d’inégalités sociales. La contribution carbone devra être mise en oeuvre parallèlement et complémentairement à d’autres mesures, notamment normatives, visant à rendre durables progressivement les secteurs du transport et du bâtiment, et en soutenant les publics précarisés dans cette transition durable, afin que leur conditions de vie s’améliorent. Le produit de cette taxe pourra également être utilisé pour financer la transition, la baisse de l’impôt des personnes physiques sur les premières tranches de revenus et la solidarité internationale.
  • Implémentation du Plan d’Action Genre établit lors de la COP23 à Bonn. Ceci implique entre autres, prendre des mesures pour l’équilibre des genres au sein des structures de prise des décisions.
  • Mettre en place ou approfondir les politiques de désinvestissement fossile des moyens publics et privés, pour y intégrer les filières et procédés structurellement carbonés ou dépendants des énergies fossiles. Communiquer régulièrement et de manière transparente au sujet des flux de financements publics. Prendre acte, dans une perspective de transition juste, du fait que certaines filières vont décliner, et mettre en place les mesures d’accompagnement et de reconversion nécessaires.

Energie

  • Le développement des énergies renouvelables prévu en Belgique dans le cadre du projet de PNEC, soit 18,3% de la consommation finale brute d’énergie en 2030, n’est pas en ligne avec l’objectif européen (minimum 32 % d’énergie renouvelable en 2030). En effet, le chiffre de 18,3% est, comme l’a montré une étude du Bureau fédéral du Plan*, la traduction belge d’un objectif européen de 27 % d’énergie renouvelable en 2030, objectif aujourd’hui désuet. Le renforcement de l’objectif renouvelable européen (de 27 à 32 %) à l’horizon 2030 implique, en cohérence, une augmentation de l’énergie renouvelable à produire en Belgique à cet horizon.
  • En outre que les directives « Efficacité énergétique » et « Énergie renouvelable » (récemment votées par le Parlement européen) qui fixent les objectifs européens de 32,5 % d’efficacité énergétique et de 32 % d’énergie renouvelable pour 2030 donnent un mandat explicite** pour que ces deux objectifs soient revus à la hausse d’ici 2023 (en lien avec le mécanisme de rehaussement de l’ambition prévu par l’Accord de Paris). Cela implique la mise en place d’un mécanisme d’évaluation et de révision du PNEC.
  • Nous recommandons de définir rapidement une vision énergétique interfédérale avec une trajectoire menant la Belgique à réduire sa consommation d’énergie et tendre vers 100% d’énergie renouvelable en 2050. Le secteur électrique devrait être 100% renouvelable bien avant 2050, avec un objectif d’au moins 58% d’électricité renouvelable d’ici 2030. Ceci doit mener à un plan cohérent pour l’utilisation rationnelle de l’énergie (sobriété) et l’efficacité énergétique, afin de réduire les gaspillages et situations de surconsommation, ainsi qu’un développement rapide des énergies renouvelables.
  • Réduire fortement l’objectif d’incorporation de biocarburants en 2030 et éliminer l’utilisation de biocarburants d’origine alimentaire à partir de 2021 (la nouvelle législation européenne permet de s’en passer totalement) afin d’éviter les nombreux impacts négatifs de ces biocarburants. Par ailleurs, il faut adopter une approche prudente avec les biocarburants dits “avancés”, car leur disponibilité et leurs impacts doivent être mieux objectivés. Les Régions doivent assumer leurs compétences et responsabilités en matière de transport en optant résolument pour la réduction du trafic aérien et automobile et le développement d’alternatives (transports publics, mobilité douce, covoiturage, etc.).

*Voir D. Devogelaer et D. Gusbin, Insights in a clean energy future for Belgium – Impact assessment of the 2030 Climate & Energy Framework, mai 2018, p. 9.

** http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-6383_en.htm

Mobilité et aménagement du territoire

  • Développer une politique de mobilité cohérente et coordonnée entre les différents niveaux de pouvoir, notamment à travers une vision interfédérale de la mobilité décrivant clairement le système de transports zéro carbone du futur et les étapes à atteindre (en 2030 et 2040) en matière de réduction de la demande, parts modales et choix technologiques. Un scénario clair d’élimination progressive des voitures essence et diesel permettra d’en arrêter la vente au plus tard en 2030.
  • Mettre un terme au processus d’éparpillement de l’habitat, à l’artificialisation des sols, au développement d’infrastructures routières et aéroportuaires qui suscitent un accroissement des volumes de transport ;
  • S’assurer, à travers tous les niveaux de pouvoirs, que l’ensemble du territoire belge soit couvert par une politique volontariste de développement des modes actifs (marche, vélo, micromobilité, etc.), en particulier via le financement et la construction d’infrastructures et cheminements cyclo-pédestres sécurisés et un aménagement rééquilibré de l’espace public en faveur de ces modes actifs.
  • Développer et investir dans des transports publics de haute qualité, respectueux de l’environnement et organisés autour de nœuds de correspondance multimodaux donnant accès à des transports partagés intégrés (nouveaux services de mobilité), avec, en ville, un réseau dense de transport en commun de surface faisant la part belle aux sites propres.

Bâtiment

  • Adopter les mesures de mise en œuvre et de financement des stratégies régionales de rénovation (normes PEB obligatoire, passeport bâtiment, primes, programmes de rénovation,etc.), afin d’augmenter sans délai le rythme des rénovations et d’atteindre un bâti climatiquement neutre d’ici 2050, pour les secteurs résidentiel et tertiaire.
  • Éradiquer la précarité énergétique en soutenant les investissements nécessaires pour une rénovation efficace des logements des ménages en situation précaire et en les accompagnant.

Industrie

  • Organiser et obliger les entreprises et les services à développer des plans de transition à zéro émission nette adaptés au secteur/entreprise/service concerné avec un timing en ligne avec les ambitions climatiques et un calendrier d’investissement lié.
  • Cette transition doit inclure la participation des syndicats et des autres organisations de la société civile, pour arriver à une transition socialement juste pour tous les travailleurs/euses concerné/es.

Consommation

  • Comme pour le tabac, interdire la publicité pour les biens ou services qui contribuent fortement au réchauffement climatique et à la destruction planétaire, par exemple les voitures plus de 120 g/km et les trajets en avion.
  • Interdire la mise sur le marché des produits neufs les moins efficaces d’un point de vue énergétique dans une gamme de produit (par exemple les frigos d’un label inférieur à B) en renforçant les normes de produits minimales exigées. Augmenter la durée de garantie légale obligatoire pour favoriser la mise sur le marché de produits plus durables.
  • Mettre en place des normes favorisant la durabilité, modularité, récupérabilité et recyclabilité de tous les produits mis sur le marché, et augmenter les durées de garanties légales obligatoires pour favoriser l’économie circulaire.

Agriculture et alimentation

  • Il convient notamment d’assurer un budget suffisant de la politique agricole pour les mesures en faveur du climat et de l’environnement,de mettre en place des mécanismes efficaces d’évaluation et de suivi qui montrent en quoi les régimes retenus dans la PAC permettent d’atteindre les objectifs de la politique environnementale, ainsi que de conditionner les subventions à la réalisation de résultats concrets positifs pour le climat et l’environnement.
  • Réduire le cheptel de 50% d’ici 2050. Etablir un plan stratégique dans lequel la réduction est organisée d’une manière socialement et économiquement juste.
  • Assurez une politique alimentaire cohérente qui est largement soutenue. Il est important pour cela que les domaines de l’agriculture, de l’innovation, du bien-être et de l’environnement soient articulés. Une telle politique part du principe qu’une alimentation durable et saine soit accessible pour tout le monde. Dans ce sens, arrêter la promotion de la viande par l’Etat. Promouvoir d’abord et puis généraliser une alimentation saine, locale, liée aux saisons, biologique et principalement végétarienne.
  • Viser des pratiques agricoles agro-écologiques. Cela permet qu’une alimentation locale, liée au saisons et biologique soit disponible largement. Pour cela, favoriser le partage des connaissances entre agriculteurs et rehausser le soutien financier pour les services consultatifs qui assistent les agriculteurs dans la transition vers des pratiques agricoles agro-écologiques. Pour plus d’information sur les principes agroécologiques : https://www.oxfamsol.be/fr/scaling-agroecological-approaches-what-why-an….

Nature et biodiversité

  • Faire de la nature un allié dans la lutte contre le réchauffement climatique et dans la modération de l’impact, en investissant dans des zones naturelles et des réseaux bleu-vert comme tampons pour le climat, en prévoyant une politique active pour la perméabilité et en introduisant un stop au béton effectif.
  • Reconnaître que la lutte contre la perte de biodiversité est un levier important pour arrêter le changement climatique et limiter le réchauffement en dessous de 1,5ºC. Faire explicitement référence dans les plans climatiques régionaux et nationaux aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et aux objectifs de développement durable (ODD).

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

× 2 = 4